"Elle vendait des cartes postales...
hin hin hin... et aussi des crayons, hin hin hin...
Vous l'avez dans la tête ? Ne me remerciez pas. Cependant ma "destinée fatale" aurait pu être toute autre. Après le bac, j'entre en école d'arts appliqués pour faire du dessin. Mais à la fin de l'année de prépa, la porte de la section illustration se ferme, et me voici élève en reliure, puis employée dans un atelier parisien.
2017, le début de l'aventure
Forcée par un licenciement, je saute le pas: la microentreprise créée quelques années plus tôt devient mon seul moyen de subsistance. Je quitte paris pour Rambouillet, démarre timidement mo activité en réparant des livres, et crayonne à mes heures gagnées. Petit à petit, de demandes d'amis en commande d'inconnus, aidée par l'arrivée d'un smartphone et la découverte d'Instagram, le rêve d'enfant de devenir "dessinatrice" se concrétise jusqu'à devenir une vraie entreprise (#jaiunvraimetier), avec sa logistique d'emballage, de site internet, de communication à la va comm'j'te pousse, de devis, de paperasse, de stock... le tout dans 40m2. Je pousse les murs de l'appartement-atelier.
Crédit photo Benjamin de Dieshbach
Le Moulin des Artisans
2022, le grand saut
Envie de place, besoin de grand air, de ne plus dormir au milieu des étagères de cartes postales, en janvier 2022 je rejoins le projet un peu fou du Moulin des Artisans, un lieu de travail partagé dans la campagne tourangelle. Je découvre la vie de village, transplante mon statut de pilier de bar au bistrot du coin, recommence un potager, repars à la recherche de coins à cèpes, et reprends, après un mois de nécessaire aménagement dans un local d'abord très sommaire, l'expédition des commandes et la création de dessin.
Au bout de quelques mois, les travaux de rénovation du Moulin nous permettent d'emménager dans des ateliers tout beaux, isolés et lumineux.
C'est aussi (et surtout) la découverte d'une certaine vie de groupe au travail, avec les inévitables difficultés d'un projet naissant, et la richesse d'une communauté d'artisans. Ebénisterie, menuiserie, marqueterie, sculpture, céramique, tournage sur bois, vitrail, le Moulin aura vu passer ou s'établir plusieurs métiers, et plus encore de visage, jeunes bouilles de stagiaires et d'apprentis, faces plus mûres en quête de métier manuel et de vie simple.
Joie et douceur au service de la Foi
Marquée par des années de scoutisme, puis par la pédagogie des patronages, l'univers de l'enfance occupe une grande place dans mon travail. Nourrie par la catéchèse du Bon Pasteur, je me réjouis de pouvoir transmettre la foi aussi par le dessin, et de traduire par les couleurs, les expressions de visage, les positions, un peu de ma contemplation.
Au fil des années, les quelques dessins de saints patrons sont devenus une vraie collection, le petit croquis pour une première communion en a entraîné d'autres, et le fond s'est étoffé au gré des projets, des rencontres et des collaborations en tout genre.
Ciergerie, brasserie, chocolaterie, les dessins s'exportent sur de nouveaux supports, et même su d'autres continents. Mais ceci est une autre histoire.
Et maintenant ?
2027: kékonfé ?
Saint Joseph qui veille sur mon business s'étant aussi occupé des affaires matrimoniales, le suspens sur l'avenir de Petit Page est à son comble. Je vous tiendrai au courant de l'intense et folklorique réflexion que ces derniers événements ont amorcé. En attendant de savoir si je collerai encore des gommettes vertes sur les petits paquets bleus de vos commandes, rendez grâce à la Providence qui a permis que Petit Page soit célibataire assez longtemps pour que ces dessins existent :-)